A deux mois de son départ de la Maison-Blanche, le président américain choisit d’infléchir la stratégie en Ukraine et donne son feu vert à l’usage des ATACMS.
Por Timothée Vilars, publicado el 17 de noviembre de 2024 en Le Nouvel Obs
A deux mois de son départ de la Maison-Blanche, le président américain choisit d’infléchir la stratégie en Ukraine et donne son feu vert à l’usage des ATACMS.
Comme un cadeau de départ. Après de longs mois d’atermoiements, le président américain Joe Biden a finalement autorisé l’Ukraine à utiliser les missiles ATACMS, des missiles à longue portée, pour frapper des cibles russes et nord-coréennes en Russie, selon une information du « New York Times » ce dimanche 17 novembre. Cette décision marque un changement majeur dans la politique américaine, car elle permet à l’Ukraine de frapper des objectifs bien plus éloignés que ce qui lui était autorisé auparavant. Les missiles ATACMS ont une portée d’environ 300 km, bien plus longue que les HIMARS précédemment fournis par les États-Unis (environ 80 km).
Ce nouveau développement intervient après l’arrivée surprise de troupes nord-coréennes aux côtés de l’armée russe, en particulier dans la région de Koursk. Selon le « New York Times », la décision de Joe Biden est source de divisions parmi ses conseillers. Certains craignent qu’elle ne provoque une escalade militaire et une réponse plus violente de la Russie, notamment à travers des attaques contre les bases américaines en Europe. D’autres, en revanche, estiment que cette décision est nécessaire pour affaiblir l’efficacité des offensives russes et pour envoyer un message fort à la Corée du Nord, afin de montrer à Pyongyang que ses troupes ne sont pas à l’abri d’attaques.
L’Ukraine avait déjà utilisé des missiles à plus courte portée contre des cibles russes, notamment en Crimée et en mer Noire. Toutefois, le besoin de frappes plus longues se fait sentir face à l’avancée de l’armée russe. Les Ukrainiens pourraient utiliser les ATACMS pour frapper des concentrations de troupes russes et nord-coréennes, des équipements militaires clés, des nœuds logistiques, des dépôts de munitions et des lignes de ravitaillement à l’intérieur de la Russie, selon les responsables interrogés par le « New York Times ».
A deux mois de l’arrivée de Trump
Cette décision survient à un moment où Donald Trump, qui a promis de réduire l’aide à l’Ukraine s’il était réélu, prépare son retour à la Maison-Blanche. Le débat sur la gestion du soutien militaire à l’Ukraine reste un point de friction, certains membres du gouvernement Biden accusant l’administration d’avoir été trop prudente et d’avoir permis à la Russie de se renforcer en raison de la lenteur des décisions.
Les alliés européens de l’Ukraine, notamment le Royaume-Uni et la France, lui avaient déjà fourni des missiles Storm Shadow et SCALP, mais les États-Unis restaient prudents jusqu’à aujourd’hui. Bien qu’elle admette que cette décision comporte des risques d’escalade et de représailles russes, l’administration Biden juge que les avantages l’emportent. En plus d’améliorer les capacités militaires ukrainiennes, cette mesure aura l’avantage, croit Washington, d’envoyer le signal aux autres acteurs régionaux qu’il y a un prix à payer pour leur soutien militaire à la Russie.
